et oui, 6 mois pour mettre à jour un blog, ça s’appelle “l’effet deuxième enfant”….de même que ça prend plus de temps pour reprendre sa taille d’origine, ça prend un peu plus de temps pour recréer des espaces de liberté dans son agenda. Mais voilà Robin est un ange qui aime dormir ! et sa maman sait maintenant qu’on ne niaise pas avec ce genre d’opportunité et on saute sur sa liste de tâches à faire avec un crayon prêt à cocher “Done”.
Donc vous l’aurez compris: Robin est né en tempête ce soir de janvier 2011.
15h45 un pop intra-utérin se fait sentir. Pop? comment ça pop? d’où il vient ce pop? tout à coup je réalise qu’il s’agit d’un pop intérieur, pas l’atteinte subite de l’illumination, mais bel et bien une poche des eaux qui vient de crever. Je me lève précipitamment du lit pour ne pas mouiller tout le matelas, m’attendant à l’arrivée d’un lac de rétention d’un barrage hydroélectrique. Finalement c’est plus la fonte de la neige sur les bords de toit qui s’insinue progressivement hors de moi…Le temps d’appeler la sage-femme, de convenir de retourner à son bureau pour vérifier l’authenticité du liquide et les contractions commencent. Il est 16h00. Le sourire aux oreilles, l’appréhension au ventre (il me semble que les souvenirs se réveillent petit à petit au fond de mon corps), nous voilà en voiture, avec le sac de maternité dans le coffre, le siège auto et la grande soeur prise en charge par une amie…mais je compte encore revenir à la maison pour commencer tranquillement le travail.
Seulement voilà après 2-3 blagues avec les sages-femmes sur le plan de la soirée, une contraction me prend en traître et commence à figer mon sourire dans un douloureux souvenir. Il est 16h30. Les sages-femmes se regardent, regardent le re-futur papa puis m’annoncent que finalement le plan va changer et qu’elles vont me retrouver directement à l’hôpital. Nous montons alors en voiture (Simone), chercher l’appareil photo à la maison et filer à l’hôpital. À peine assise dans la voiture, d’étranges sons gutturaux montent de ma gorge à chaque contraction. Je ne rigole plus, la poignée de la portière s’en souvient encore. Arrivés à la maison, je vois Charlotte passer sur le trottoir d’en face. Je me dis alors que ce serait une bonne idée de lui dire que l’on revient demain matin avec son petit frère. Sauf qu’il fait nuit, qu’il y a de la neige et de la glace par terre et que je me retrouve à lui dire tout ça accroupie, le souffle court. Charlotte me regarde d’un air interrogateur et me demande, quand je lui annonce qu’on va revenir de l’hôpital avec son petit frère, “et avec un cadeau?”…alala, les enfants, ils ne perdent jamais le Nord.
Il est 16h45. On file à l’hôpital et on monte dans la chambre en chaise roulante car les contractions sont bien installées aux 2-3 minutes. Arrivés en haut, les sages-femmes sont là. La joie d’accoucher en hiver implique aussi qu’il faut se faire enlever ses grosses bottes, ses chaussettes, son pantalon, etc…avant de pouvoir être à l’aise…enfin à l’aise est un bien grand maux…euh mot car lorsqu’on m’annonce que j’en suis à 5 cm, je les trouve bien petits ces cms et bien trop loin des 10 cm escomptés. On me propose alors d’aller dans le bain. À ce moment-ci je ne sais plus vraiment ce que je veux. Je me rappelle tout à coup vivement mon premier accouchement, et me dis : “punaise comment j’ai fait pour oublier ce que c’était” ? S’ensuivent les éternels “ça finit quand? dites- moi que c’est déjà le temps de pousser! je veux plus finalement! et pourquoi pas une césarienne finalement?”
Bref, une heure de bain plus tard et me voilà en train d’annoncer à tout le monde: Ça pouuuuusse ! Charlotte, notre sage-femme, craint que je n’ai pas le temps de traverser le couloir vers la salle d’accouchement et transporte tout le matériel dans la salle du bain. Finalement de peine et de misère je me transporte dans l’autre chambre et me hisse au milieu d’une poussée sur le lit. Les contractions sont violentes et le petit garçon qui est en moi se fraie son bonhomme de chemin presque tout seul vers la sortie, 3 poussées plus loin ce sont les épaules, puis tout le corps qui s’engouffrent dans ce nouveau monde. Amélie, la stagiaire sage-femme, a juste le temps de me rappeler de venir attraper mon bébé et voilà un bon gros garçon dans mes bras, tout est fini, ça ne fait plus mal et j’ai sur le ventre un bébé tout chaud, tout collé, qui fait bien plus que les 3kg500 prédit au vu du gras de son cou et de ses épaules rondes. Robin prend tranquillement le sein pendant que je savouuuure cet intense moment de bonheur : je n’ai plus mal.
Bon, en fait je vais encore avoir mal une bonne semaine à chaque tétée, le temps que les “tranchées” se calment. Ça c’est pas juste, tu accouches et il faut encore se taper des contractions pendant une semaine chaque fois que le bébé tête.
Le lendemain matin, Charlotte arrive dans notre lit comme tous les matins de vacances pour trouver un nouvel enfant dans les bras de sa maman. Elle reste du coup bien pelotonnée dans les bras de son père, lançant un regard interrogateur et suspicieux à ce petit être qui vient tout d’un coup de prendre une place considérable dans la famille.
Voilà, j’ai maintenant 2 enfants. Deux. II. Ça fait drôle.
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Eh ben, ça me rappelle des souvenirs tout ça … c’est fou comme on oublie vite !
Alors, Rémi, Aélys et Raphaël se joignent à moi pour souhaiter la bienvenue à ce petit Robin, pour féliciter la maman pour son beau travail, le papa pour sa graine et son soutien moral, et pour faire un gros bisous sur les joues rondes de mademoiselle la grande soeur !
Bises à tous les 4
Commentaire par Marianne — mars 22, 2011 @ 12:29 |